Communiqué de Sandrine DOUCET – Benoît Hamon, le seul candidat de l’ambition et du progrès pour l’Enseignement supérieur et la Recherche

Le débat présidentiel permet de confronter les projets. Pour penser le monde de demain et nous y préparer, par l’élévation du niveau de qualification et l’innovation, Benoît Hamon propose un nouvel élan pour la démocratisation et l’internationalisation des universités et laboratoires, reposant sur une stratégie nationale ambitieuse, des moyens renforcés et une nouvelle architecture institutionnelle simplifiée.

L’ambition que la plupart des candidats affirment partager pour l’Enseignement supérieur et la Recherche ne résiste pas à l’examen de leurs projets.

Malgré leurs promesses, Messieurs Macron et Fillon proposent une sanctuarisation du budget de l’Enseignement supérieur et la Recherche pour le prochain quinquennat. Au vu des enjeux démographiques notamment (+350 000 étudiants à l’horizon 2022), sanctuariser les moyens revient à appauvrir les universités et les laboratoires. Et ce ne sont pas les droits d’inscription en hausse proposés par Monsieur Fillon qui changeront la donne !

Benoît Hamon fera voter dès 2017 une loi de programmation qui prévoira une augmentation du budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à hauteur de 1 milliard d’euros par an pendant cinq ans.

D’un même élan, Messieurs Fillon, Macron et Madame Le Pen proposent d’instaurer la sélection à l’entrée de l’université. Plutôt que de réformer les premiers cycles pour lutter contre l’échec, ils préfèrent renoncer à toute ambition réelle de démocratiser la réussite. C’est non seulement injuste pour toutes celles et ceux à qui l’on ferme les portes de l’ascension sociale et de la réussite par les études, mais également absurde et à contretemps des besoins du pays : la France ne souffre pas d’un trop plein d’étudiants mais d’un manque de diplômés par rapport à ses voisins.

Benoît Hamon propose lui, pour lutter contre l’échec dans les premières années, une réforme globale des premiers cycles de l’Enseignement supérieur. Elle reposera sur le renforcement de la spécialisation progressive qui permet les réorientations sans redoublement, en particulier par le décloisonnement disciplinaire lors des deux premières années, et la rénovation pédagogique (nouvelles méthodes d’enseignement, reposant notamment sur le numérique, développement des cours en TD et suppression des cours en amphithéâtre en première année).

Tout à leurs préoccupations gestionnaires, Messieurs Macron et Fillon ne jurent que par un renforcement de l’autonomie des universités. Si cette dernière doit effectivement être source d’innovation, ces candidats oublient de préciser que sans moyens supplémentaires, leur proposition d’autonomie renforcée est en trompe l’œil et ne consiste qu’à leur confier la gestion de la pénurie.

Renonçant à toute ambition réformatrice, sans presque un mot pour l’enjeu central de la démocratisation de l’Enseignement supérieur dans les prochaines années, Jean-Luc Mélenchon propose enfin, quant à lui, un grand bond en arrière, corporatiste et conservateur axé sur la suppression des structures existantes, qui ne rendra pas nos universités et laboratoires plus performants et rayonnants. Supprimer le haut conseil de l’évaluation de la Recherche et de l’Enseignement supérieur (HCERES) comme il le propose ne rendra pas plus libre et effectif le travail des chercheurs. La réforme de l’évaluation que la création de cette instance en 2014 a introduit répondait au souhait de la communauté scientifique d’une évaluation par les pairs. Contrairement à ceux qui prônent sa disparition, Benoît Hamon propose que le PIA3 finance des appels à projets pour l’innovation pédagogique, et de placer le commissariat général à l’investissement (CGI) sous tutelle ministérielle pour donner de la cohérence à l’intervention de l’Etat.

Ni les logiques de fermeture des universités aux étudiants par la sélection, ni la fausse autonomie des gestionnaires d’établissements, ni l’encouragement au repli corporatiste d’une partie du monde académique ne sont de nature à préserver l’indispensable consensus social par lequel la Nation reconnaîtra la nécessité d’investir dans son avenir, dans les universités et dans les laboratoires.