Un plan de 5 ans pour que la Guyane décolle

Mercredi 5 avril 2017

Pour la Guyane, le gouvernement propose un plan de rattrapage d’urgence d’un milliard d’euros et l’important est le déblocage immédiat de cette somme. Je salue les 11 accords qui ont été signés et le dialogue social doit se poursuivre avec tous les acteurs locaux.

Je comprends et partage la colère et la frustration de nos concitoyens guyanais après 71 ans de retard d’investissement. Les Guyanais ne peuvent plus attendre. La réponse du gouvernement permet d’adresser l’urgence mais c’est d’un plan sur cinq ans dont la Guyane a besoin.

C’est ce que pourront choisir les Guyanais le 23 avril et le 7 mai prochain.

Je prends deux engagements pour la Guyane.

D’abord tout ce qui est ou sera signé par le gouvernement avec le mouvement social sera respecté par mon propre gouvernement à l’euro près.

Deuxièmement, je propose un plan pour que la Guyane décolle, pour lequel ils peuvent voter et qui repose sur trois volets :

1/ D’abord, en plus du plan de rattrapage, la dotation d’un fonds égalité réelle pour les Outre-mer de 500 millions d’euros par an avec un investissement plus fort en Guyane mais également à Mayotte. C’est avec ce fonds que l’on construira les écoles, les collèges, les lycées, l’université de Guyane, que l’on électrifiera les communes de l’intérieur, que l’on assurera l’accès à l’eau, que l’on construira un nouveau tribunal, un centre pénitencier, que l’on investira dans l’hôpital.

2/ Pour un égal accès aux services publics la Guyane comme Mayotte seront des territoires d’affectations prioritaires. C’est-à-dire plus d’enseignants, de policiers, de gendarmes, d’infirmières, de personnel judiciaire, de personnel à l’hôpital. Oui, je l’affirme, en Guyane et à Mayotte, ces territoires délaissés de la République, on a besoin de plus de service public et de plus d’Etat. Il y a des candidats qui eux veulent baisser les dotations aux collectivités en Guyane et supprimer des postes de fonctionnaires.

3/ Enfin, mon troisième volet de mon plan pour la Guyane, c’est une lutte implacable contre la pauvreté et pour le pouvoir d’achat. Dès 2018, avec la hausse du RSA et des minimas sociaux, la hausse du SMIC, et surtout le Revenu universel d’existence qui bénéficiera aux jeunes dès 18 ans et à tous les salariés qui gagnent moins de 2200 euros par mois, ce sera plus de 500 millions d’euros qui seront injectés dans l’économie guyanaise. La Guyane comme tous les départements d’Outre-Mer où la pauvreté est plus importante que dans l’Hexagone, seront des grands bénéficiaires de cette politique qui veut éradiquer la pauvreté et encourager le travail.

J’ai un projet cohérent pour les Outre-mer et la Guyane, en particulier que j’avais présenté avant la crise guyanaise. Je veux le dire à l’ensemble de nos compatriotes, il ne s’agit pas tant d’investir plus en Guyane que dans l’hexagone mais de rétablir une égalité qui n’existait pas avant.

Pas un seul de nos concitoyens n’accepterait cette situation et il est temps de faire vivre avec nos compatriotes guyanais le beau mot de fraternité.

Il est trop facile de regarder la Guyane quand une fusée décolle et de fermer les yeux sur une pauvreté, un retard de développement qui n’a que trop duré.

La colère en Guyane est légitime. Le gouvernement répond à l’urgence mais l’avenir de la Guyane se joue le 23 avril avec le 1er tour de l’élection présidentielle.