La Guyane a le droit à l’égalité et à la sécurité

Un mouvement social d’une ampleur inédite depuis 2009 agite la Guyane. L’insécurité inquiétante que subissent nos compatriotes guyanais et les difficultés liées à l’orpaillage illégal et autres activités clandestines ont exacerbé les tensions dans ce territoire d’Outre-mer, qui connaît par ailleurs une situation sociale difficile avec un chômage et une pauvreté endémiques et des retards dans les infrastructures éducatives, hospitalières, d’eau, de transport, d’électrification qui sont inadmissibles pour un territoire de la République.

Depuis cinq ans, beaucoup a été fait pour rattraper les retards subis par ce territoire après dix années de politique de relégation. Des moyens accrus ont été apportés à travers le recrutement de policiers, la mise en place de zones de sécurité prioritaire, l’affectation des enseignants et la mise en œuvre des réseaux d’éducation prioritaire.

Si ces mesures vont incontestablement dans le bon sens, il reste encore énormément à faire. Je comprends et je partage la frustration et la colère de nos concitoyens guyanais qui sont lassés d’attendre une égalité qui ne vient pas assez vite et assez fort et dont la situation sociale et économique ne s’améliore que trop faiblement.

Un dialogue fécond doit s’établir entre le mouvement social et les représentants de l’Etat pour arriver à la définition d’un plan de rattrapage ambitieux et concret pour la Guyane.

J’en appelle toutefois à la responsabilité de chacun.

Si les acteurs sociaux sont légitimes à faire entendre leurs demandes avec force, ils doivent être les garants du respect des biens et des personnes.

Au-delà d’un accord rapide pour répondre à l’urgence de la situation que connaît ce territoire,  les Guyanais auront également un choix crucial à faire pour leur avenir le 23 avril et le 07 mai.

Candidat à la présidence de la République, je propose un programme ambitieux pour les Outre-mer et la Guyane en particulier.

Notre pays doit offrir à nos 250 000 compatriotes guyanais les conditions d’une vie digne, mettre fin à l’insécurité, lutter contre toute forme d’inégalité, combattre la précarité et s’attaquer résolument au chômage qui les frappe durement.

Je refuse que nos compatriotes d’Outre-mer ne bénéficient pas des mêmes droits et des mêmes chances. L’éloignement de ces territoires avec l’Hexagone ne doit jamais être une excuse. Au contraire, il nous impose une plus grande attention. La République, c’est l’égalité partout et en tout temps.

C’est pour cela que je propose notamment d’abonder de 500 millions d’euros par an un fonds égalité réelle pour les Outre-mer afin de développer les infrastructures de ces territoires. En  Guyane, ce fonds servira à financer la rénovation et les travaux d’agrandissement des commissariats de police et des brigades de gendarmerie, mais aussi l’électrification des communes de l’intérieur, l’accès à l’eau à tous, la construction et la rénovation des hôpitaux, la construction de nouveaux établissements scolaires.

Je ferai de l’éducation, de la formation et du renforcement des moyens de l’Université de Guyane une priorité absolue à la hauteur des enjeux démographiques et des opportunités économiques et scientifiques du territoire.

La Guyane a droit à l’égalité qu’elle n’a pas aujourd’hui. J’assume cette priorité budgétaire pour les Outre-mer qui n’est qu’un dû pour effectuer un rattrapage qui n’a que trop tardé.

Je ne pense pas que la Guyane ait quelque chose à gagner à voir les dotations aux collectivités baisser et les postes de fonctionnaires supprimés comme le proposent Messieurs Macron et Fillon.

Concernant la sécurité, qui représente la première préoccupation des Guyanaises et des Guyanais, je souhaite m’engager sur 6 mesures :

1.     Sur les 1000 postes par an de policiers et de gendarmes qui seront recrutés durant le prochain quinquennat, la Guyane bénéficiera d’une affectation prioritaire.

2.     Une prime sera instaurée pour les forces de l’ordre présentes dans les Outre-mer sur le modèle de ce que fait l’Education nationale dans les REP et REP +. Par ailleurs, je doterai les unités de matériels modernes (drones, vedettes, portiques de détection, utilisation de satellites). Je lutterai avec détermination contre l’orpaillage illégal en augmentant les effectifs dédiés à cette lutte et en investissant dans les nouvelles technologies pour créer un dispositif d’alerte plus efficace.

3.     Je lutterai contre l’immigration illégale en renforçant les moyens humains et matériels des forces de sécurité. Cet effort budgétaire doit également concerner l’autorité judiciaire car les processus de prise de décision doivent être accélérés dans le respect des droits des justiciables et du cadre juridique.

4.     J’affecterai en Guyane une Compagnie Départementale d’Intervention de nuit et construirai une brigade de gendarmerie à Macouria.

5.     Je soutiendrai la rénovation et les travaux d’agrandissement des commissariats de police et des brigades de gendarmerie qui en ont le plus besoin.

6.     Je lancerai la construction d’une maison d’arrêt de 300 places en Guyane. De même, je renforcerai l’accès à la justice par la construction d’un Tribunal de Grande Instance à Saint-Laurent du Maroni.