Macron : des propositions, mais pas de projet éducatif

Emmanuel Macron a rendu publiques ses propositions sur l’éducation. Ses propositions reprennent sur quelques sujets celles formulées depuis plusieurs mois par Benoit Hamon, comme l’instauration d’une aide aux devoirs et au travail personnel, ou encore la baisse des effectifs dans les REP et REP+. Benoit Hamon, lui, prévoit de plafonner le nombre d’élèves par classe sur l’ensemble du territoire pour le cycle 2 et garantit cette proposition par la création de 20 000 postes. Emmanuel Macron ne propose que 4 000 à 5 000 postes qui seront intégralement absorbés par l’augmentation des effectifs dans le secondaire. La mesure proposée par Emmanuel Macron devra donc être assurée, de l’aveu même du candidat, par le redéploiement et par la suppression de postes pourtant fondamentaux pour la réussite des élèves, comme ceux des « plus de maîtres que de classes », ou ceux dédiés à la formation des enseignants.
Son programme n’évoque pas des sujets tout aussi importants comme le décrochage scolaire, le bien-être à l’école – pour les enseignants comme pour les élèves, ou encore la réforme du lycée.
Si nous partageons la volonté de confier davantage d’autonomie aux équipes pédagogiques, nous sommes opposés à la libéralisation du recrutement des enseignants. Cette mesure aurait pour effet de mettre les établissements en compétition. Les établissements situés en milieu rural ou dans les quartiers défavorisés, moins attractifs, en seraient les premières victimes.
Emmanuel Macron propose le rétablissement des classes bilangues, c’est-à-dire de réinstaller un système qui réserve l’apprentissage de la 2ème langue vivante à quelques enfants et favorise l’entre-soi social et culturel. Il réserve l’excellence éducative à quelques élèves quand nous en avons fait un vecteur de la réussite de tous. Benoit Hamon considère au contraire qu’il est plus ambitieux de maintenir l’apprentissage de la deuxième langue vivante pour tous les élèves dès la 5ème et de programmer, avant la fin du quinquennat son début dès la classe de 6ème.
Enfin, en permettant le retour à la semaine de 4 jours, Emmanuel Macron propose de démembrer la réforme des rythmes scolaires au moment où, en France, l’accès aux activités sportives, culturelles, artistiques pour les enfants n’a jamais été autant démocratisé. C’est pourquoi Benoit Hamon préfère accompagner davantage les communes rurales, populaires et ultramarines et s’est ainsi engagé à augmenter de 25% sur cinq ans le budget qu’alloue l’Etat à l’aide aux communes pour les activités périscolaires.
Notre système éducatif est encore trop inégalitaire pour nombre d’élèves. L’excellence éducative doit continuer à être au service de la réussite de tous les élèves ces cinq prochaines années. Il s’agit, avec Benoit Hamon, de poursuivre la Refondation de l’école de la République, pas d’y faire des entorses ; de consolider le service public d’Education nationale, pas de l’affaiblir.