Les jeunes font la primaire

Samedi dernier, Benoît Hamon était l’invité des Jeunes Socialistes à la Bellevilloise pour présenter son programme à destination de la Jeunesse en matière d’éducation, de discriminations, ou d’économie. Tous les candidats à la primaire citoyenne se sont prêtés au jeu à tour de rôle, au long de la journée, exception faite de Sylvia Pinel. Retour sur son grand oral.

D’abord interrogé sur ses propositions en matière d’éducation, Benoît Hamon a réaffirmé son engagement à placer la question égalitaire au cœur de son programme éducatif, rappelant que l’école doit être une promesse de la République et un lieu de mixité sociale.

À cette occasion, il est revenu sur son projet massif d’embauches de 40 000 professeurs supplémentaires. Ce dernier répond à une volonté de limiter à 25 le nombre d’élèves par classe de CP, CE1 et CE2 en milieu ordinaire, et à 20 dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP), les outre-mer et les territoires ruraux, mais également d’assurer pleinement les remplacements des professeurs et de recruter des renforts pour rendre la scolarisation obligatoire dès l’âge de trois ans. Il a également fait part de sa volonté de redynamiser la formation continue pour les enseignants en leur permettant de bénéficier de 3, 5 ou 10 jours de formation par an, dans un souci pédagogique, sujet pour lequel les jeunes présents semblaient particulièrement concernés.

Pour s’attaquer aux inégalités criantes qui s’enracinent et se développent à l’école, il a expliqué l’importance de mettre en place un service public d’aide aux devoirs pour lutter contre les déterminismes sociaux liés à l’environnement familial. Son discours sur le revenu universel a également été accueilli favorablement par les jeunes, sensibles aux difficultés de concilier un emploi avec des études supérieures, trop souvent facteur d’échec scolaire.

Benoît Hamon a ensuite eu carte blanche pour parler d’une autre promesse dont il savait qu’elle ne serait pas évoquée lors des débats : la lutte contre les discriminations, au cœur de son projet de République bienveillante. Soulignant que les citoyens étaient trop nombreux à faire l’expérience de l’inégalité, plus que de l’égalité, il a présenté sa proposition de créer un nouveau corps de contrôle pour y mettre un terme : une police des discriminations, sur le même modèle que l’inspection du travail. Il s’est également exprimé en faveur de la mise en place du récépissé de contrôle d’identité pour combattre le contrôle au faciès et réconcilier les liens entre la police et la population. « Dans les quartiers difficiles, l’hostilité est parfois la plus forte à l’égard de la police. L’éducation doit faire en sorte que les policiers ne soient pas perçus comme des adversaires » a-t-il rappelé.

Face à de jeunes militant-e-s se félicitant que le débat de la primaire se structure autour de propositions innovantes et ancrées à gauche, son grand oral s’est conclu sur un appel à la mobilisation de la jeunesse : « Tocqueville disait que dans toute génération nouvelle, il y a un peuple nouveau. La question qui vous est posée c’est : quel peuple voulez-vous être au regard des grandes transformations écologiques et sociales ? […] Ne laissez pas les générations qui ont le pouvoir décider à votre place ».