Défendre la fonction publique, c’est défendre le service public

Il faut tenir un discours de vérité sur l’avenir de la fonction publique

J’ai souhaité rencontrer mardi et mercredi les représentants des principaux syndicats de fonctionnaires : FSU, CGT, FO, UNSA, CFDT et CFTC.

L’avenir de la fonction publique doit être une question centrale dans les débats qui mèneront à l’élection présidentielle. Evidemment, je combattrai la proposition de François Fillon visant à « supprimer » 500 000 postes de fonctionnaires ; celle-ci traduit une volonté de revanche sur les fonctionnaires qui anime depuis des années la droite conservatrice et libérale. Mais, au-delà, je suis convaincu que la gauche doit porter un discours de vérité sur la fonction publique en réaffirmant son rôle de premier plan dans la vie de notre pays.

Caricaturée de toutes parts, la fonction publique fait office de bouc émissaire pour tous ceux qui manquent d’idées. Je veux rétablir certaines vérités. Le statut de la fonction publique, qui protège la carrière de l’agent par-delà les alternances politiques, est avant tout une garantie de neutralité du service public pour les citoyens. S’agissant de la durée du travail dans le secteur public, je veux rappeler que celles et ceux qui travaillent les nuits et les week-ends sont d’abord les fonctionnaires qui assurent la continuité du service public. Surtout, je refuse cette vision insensée qui consiste à opposer les salariés du secteur privé et les fonctionnaires. L’économie ne fonctionne que grâce aux garanties que sont le respect de la loi et l’accès de tous aux services de base : cela, nous le devons à nos fonctionnaires.

Il est absurde d’exiger une qualité de service toujours plus élevée aux agents publics tout en réduisant sans cesse leurs moyens et leurs effectifs ou en aggravant leurs conditions de travail. Il y a urgence à recruter dans certains secteurs : l’éducation, la santé, la petite enfance, la prise en charge de la dépendance. Cette politique de recrutement doit être assumée. Cela suppose l’abandon du principe des « administrations prioritaires » qui aboutit au sacrifice de toutes les autres administrations.

Plutôt que de démanteler l’Etat, ma priorité sera au contraire de réarmer les corps de contrôles qui n’ont plus les moyens de remplir leur mission au service des citoyens et de leurs droits : il s’agit notamment de l’inspection du travail qui protège les salariés, de la DGCCRF et des services des douanes qui protègent les consommateurs et limitent les trafics, ou encore des services vétérinaires qui protègent notre santé.

Je veux aller plus loin dans la garantie des droits des Français par la création d’un nouveau corps de contrôle : la police des discriminations. Ce nouveau service, qui sera placé sous l’autorité directe du Premier ministre, veillera à mettre en évidence et à sanctionner toutes les discriminations, notamment à l’embauche, qui persistent dans le secteur privé comme dans le secteur public.

L’attachement au maintien de services publics de qualité sur tout le territoire est au coeur de mon projet. Au quotidien, le travail des fonctionnaires apporte des solutions et des protections à nos concitoyens et renforce notre cohésion nationale. C’est pourquoi je réitère mon soutien aux agents des fonctions publiques d’Etat, territoriale et hospitalière qui font battre le coeur de la France et qui joueront un rôle essentiel pour dessiner la France de demain.