Se soustraire aux primaires serait l’ultime reniement du quinquennat

Depuis quelques jours, les déclarations des proches du Président de la République semblent préparer les esprits à ce qui serait l’ultime reniement du quinquennat : l’invitation au chef de l’Etat à se soustraire aux primaires citoyennes organisées par le Parti Socialiste et ses alliés pour choisir leur projet et le candidat qui les représentera à l’élection présidentielle.

Si elle se confirmait, cette décision serait lourde de conséquences.

En anéantissant le processus de rassemblement que constituent les primaires, elle sonnerait le glas du dernier espoir de qualifier la gauche au second tour de l’élection présidentielle.

Au lendemain de primaires réussies par la droite, certains esprits ingénieux envisageraient de museler le peuple de gauche par crainte de ce qu’il pourrait dire. La peur du verdict des urnes conduirait soudain ces apprentis sorciers à modifier les règles du jeu en cours de partie, reniant au passage un engagement inscrit dans ses statuts et confirmé à l’unanimité par le Parti Socialiste il y a quelques mois à peine, y compris par les proches de François Hollande.

Si elle se confirmait, le manquement à la parole donnée et le passage en force deviendraient la signature du quinquennat. J’y verrais une dérive préoccupante.

Pour ma part, je considère plus que jamais que le salut de la gauche réside dans sa capacité à débattre publiquement de son bilan mais surtout de son projet devant les français que tous ces calculs désespèrent.

Comme le premier secrétaire du Parti Socialiste, j’estime que « les primaires sont un moyen de rassembler, de mesurer les nuances, interrogations, divergences, et de convaincre ».

J’interpelle donc solennellement François Hollande : face à la droite et l’extrême droite qui sont en ordre de bataille et au moment où les regards se tournent vers la gauche, l’heure n’est plus aux tergiversations. Il est temps pour lui de clarifier ses intentions et dire s’il veut se soumettre ou échapper au vote des électeurs de gauche qui lui avaient confiance lors des primaires de 2011. Pour ma part, j’y suis prêt.

Mon communiqué de presse en PDF