Rachat d’entreprises en liquidation judiciaire par les salariés : non à l’impuissance volontaire !

Benoit Hamon avec les salariés de l'entreprise Ecopla

Jeudi en Isère, Benoît Hamon a rencontré les salariés d’Ecopla qui souhaitent racheter leur entreprise en SCOP, alors que celle-ci a été placée en liquidation judiciaire. Ecopla se trouve aujourd’hui dans la même situation que l’entreprise Smart Equipement Technology (SET) en 2012. Une entreprise que Benoît Hamon, alors ministre de l’économie sociale et solidaire, a contribué à sauver, grâce à la reprise en SCOP par ses salariés.

Les salariés d’Ecopla veulent préserver leurs emplois et sauvegarder le savoir-faire industriel unique de leur usine, placée en liquidation judiciaire et totalement abandonnée par son actionnaire. La loi ESS portée par Benoît Hamon, leur permet de reprendre leur entreprise pour la transformer en SCOP (Société Coopérative et Participative).

Qu’en est-il de Smart Equipement Technology (SET) 3 ans après ?

La transformation de Smart equipement technology (SET) en SCOP a eu lieu en 2012. Aux yeux de la doxa libérale classique, l’usine était condamnée, pourtant depuis 3 ans elle crée des emplois et a investi 3 millions d’euros en R&D. L’entreprise se porte bien grâce à sa reprise par les salariés. SET le montre, il est possible de reprendre la main collectivement sur son outil de travail, tout en conservant des emplois et un savoir-faire industriel en France.

Ecopla, une forte mobilisation pour la reprise en SCOP

Après la mise en liquidation judiciaire, Cuki Cofresco une entreprise italienne concurrente a fait une offre de reprise pour l’usine Ecopla sans se cacher qu’elle ne garderait aucun emploi.

Les salariés d’Ecopla ont voulu s’appuyer sur la reprise d’entreprise en SCOP, comme l’avaient fait ceux de Smart Equipement Technology. Ils se sont donc regroupés et ont réussi à lever 2.3 millions d’euros, dont 55 000 euros viennent des citoyens qui se sont également mobilisés. De nombreux acteurs du monde économique et politique soutiennent le projet des salariés.

Pourtant, le tribunal de commerce de Grenoble a préféré l’offre du concurrent italien d’Ecopla.

Le parquet et les pouvoirs publics se sont défaussés de leur rôle de garants de l’intérêt général

En 2012 pour SET, la situation était similaire mais le Tribunal de commerce d’Annecy avait validé en premier instance la reprise par une multinationale, au détriment d’un projet de SCOP. En appel, la reprise par les salariés avait gagné, pour préserver l’emploi malgré une offre financière moindre. A l’époque l’intervention de Benoît Hamon alors ministre de l’économie sociale et solidaire, avait poussé le parquet, à faire appel en voyant où était l’intérêt général.

Il est encore temps pour les pouvoirs publics de renoncer à l’impuissance volontaire. Il est encore temps de ne pas répéter la même erreur que sur le dossier Alstom.

Le 5 octobre, le tribunal rendra sa décision en appel sur l’offre de reprise des salariés. J’ai signé la pétition de soutien au projet de reprise des salariés d’Ecopla. Vous aussi, soutenez-les.