Alstom ou l’impuissance volontaire au sommet de l’Etat. Benoit Hamon était sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin ce matin

Dans le dossier Alstom, l’Etat n’a absolument pas anticipé et a accepté une forme d’impuissance. Il joue les pompiers plutôt que d’exercer ses prérogatives sur les choix stratégiques, comme actionnaire mais aussi comme client. Cette impuissance volontaire une fois au pouvoir est d’autant moins acceptable que tous les candidats à l’élection présidentielle se présentent comme des hommes providentiels et affirment avoir, seuls, toutes les solutions.

L’arrêt de la production de locomotives et de motrices sur le site historique d’Alstom à Belfort représente une casse sociale terriblement symbolique : 400 postes sur les 480 que compte l’entreprise seront supprimés et transférés sur onze autres sites du constructeur. C’est de plus une aberration économique. Les savoirs faire présents dans cette usine sont précieux et risquent de disparaître avec un transfert de la production sur un autre site. Cette décision est dans la continuité de la vente d’Alstom à General Electric qui marque l’absence de logique industrielle de long-terme de l’Etat actionnaire.

L’Etat possède 20% des droits de vote de l’entreprise et siège au conseil d’administration de l’entreprise. Il est pris en cruel défaut sur cette décision majeure dont il n’a rien su et qu’il aurait pu anticiper. Le gouvernement doit faire preuve de volontarisme en matière d’économie et ne pas céder à l’impuissance volontaire.